À retenir
À retenir
- Les budgets IT des entreprises françaises augmentent de 10 % par an en moyenne, selon Pascale Montrocher, vice-présidente du Cigref.
- 83 % des achats numériques des entreprises européennes vont à des acteurs américains, soit 264 milliards d'euros par an (étude Asteres, Cigref, Numeum).
- Chez Veolia, 87 % des dépenses IT sont orientées vers des solutions américaines, contre 50 % chez la Matmut.
- La Matmut a réorienté 20 % de son budget IT vers des acteurs de la French Tech, preuve qu'une diversification partielle est possible.
- Des hausses tarifaires d'éditeurs logiciels américains ont atteint deux à trois chiffres en pourcentage sur certains contrats en 2025.
- 80 000 salariés de Veolia utilisent déjà la plateforme d'IA générative interne du groupe, et 15 000 ont été formés en présentiel.
- L'IA générative s'invite désormais directement dans les comités de direction (Comex) pour repenser les choix technologiques stratégiques.
- Une étude Cigref-Asterès du 2 juin 2026 anticipe un surcoût moyen de 140 milliards d'euros par an lié aux hausses tarifaires du cloud sur la période 2026-2030.
Réponse rapide
Les budgets informatiques des directions des systèmes d'information (DSI) françaises augmentent de 10 % par an en moyenne, selon Pascale Montrocher, vice-présidente du Cigref (le club des grandes entreprises et administrations utilisatrices de technologies numériques). Une étude conjointe Asteres, Cigref et Numeum montre que 83 % des achats numériques des entreprises européennes sont dirigés vers des acteurs américains, pour une dépense annuelle de 264 milliards d'euros. Chez Veolia, 87 % des dépenses informatiques vont à des fournisseurs américains ; chez la Matmut, ce taux atteint 50 %, contre 20 % pour la French Tech. L'intelligence artificielle (IA) générative accélère cette dépendance, avec des hausses tarifaires des éditeurs américains atteignant deux à trois chiffres en pourcentage sur certains contrats en 2025.
Verdict en 30 secondes
Un budget IT qui grimpe de 10 % par an sans plan de contrôle des coûts n'est pas une fatalité, c'est un signal d'alerte.
Studeria recommande à toute organisation, ETI ou grand groupe, de traiter la dépendance aux fournisseurs américains d'IA comme un risque budgétaire autant que comme un risque de souveraineté. La bonne réaction n'est pas de tout rennégocier dans l'urgence, c'est de cartographier précisément quels usages IA génèrent une vraie valeur avant de décider où investir, où réduire, et où diversifier ses fournisseurs.
L'intelligence artificielle (IA) générative s'invite directement dans les comités de direction (Comex), et pas seulement pour des raisons stratégiques. Les budgets des directions des systèmes d'information (DSI) françaises subissent une pression tarifaire inédite, entre hausses des éditeurs américains et dépendance structurelle aux grands fournisseurs de cloud et d'IA. Pour un dirigeant d'ETI ou de grand groupe, la question posée en 2026 n'est plus « faut-il investir dans l'IA », mais « comment reprendre le contrôle du budget IT face à cette dépendance ».
De combien augmentent les budgets IT des DSI françaises en 2026 ?
Les dépenses informatiques des entreprises françaises augmentent de 10 % par an en moyenne, selon Pascale Montrocher, vice-présidente du Cigref, le club qui réunit les grandes entreprises et administrations utilisatrices de technologies numériques en France. Cette hausse est amplifiée par des augmentations tarifaires des éditeurs logiciels américains atteignant deux à trois chiffres en pourcentage sur certains contrats en 2025, Broadcom et VMware étant cités parmi les cas les plus marquants après leur fusion.
Pourquoi les entreprises françaises dépendent-elles autant des fournisseurs américains ?
Selon une étude conjointe du cabinet Asteres, du Cigref et de Numeum, 83 % des achats numériques des entreprises européennes sont dirigés vers des acteurs américains, pour une dépense annuelle cumulée de 264 milliards d'euros. Cette dépendance s'explique par la position dominante des fournisseurs américains sur le cloud, les grands modèles de langage (LLM) et les logiciels d'entreprise, où peu d'alternatives européennes offrent une couverture fonctionnelle comparable à grande échelle.
Quel est le niveau réel de dépendance chez les grands groupes français ?
Le niveau de dépendance varie fortement d'une entreprise à l'autre. Chez Veolia, 87 % des dépenses informatiques sont orientées vers des solutions américaines. Chez la Matmut, ce taux tombe à 50 %, avec 20 % du budget IT réorienté vers des acteurs de la French Tech, ce qui montre qu'une diversification partielle est possible sans rupture technologique brutale. Ces deux cas illustrent que le niveau de dépendance résulte de choix stratégiques successifs, pas d'une contrainte technique absolue.
Comment l'IA générative change-t-elle la donne pour les budgets IT ?
L'intelligence artificielle (IA) générative ajoute une couche de coûts nouvelle et difficile à prévoir pour les DSI : coûts de licences, coûts d'API à l'usage, coûts de formation des équipes. Chez Veolia, 80 000 personnes utilisent déjà la plateforme d'IA générative interne du groupe, et 15 000 salariés ont été formés en présentiel aux outils IA. Ce type de déploiement à grande échelle illustre pourquoi l'IA générative n'est plus une ligne budgétaire annexe mais un poste structurant des budgets IT, suivi directement en comité de direction.
Combien vont coûter les prochaines hausses tarifaires du cloud selon Cigref et Asterès ?
Une étude conjointe du Cigref et du cabinet Asterès, publiée le 2 juin 2026, chiffre pour la première fois la trajectoire à venir : les hausses tarifaires du cloud et des logiciels pourraient représenter un surcoût moyen de 140 milliards d'euros par an pour les entreprises européennes sur la période 2026 à 2030. Ce montant est distinct des 264 milliards d'euros de dépenses numériques déjà orientées chaque année vers des acteurs américains : le premier chiffre mesure une fuite de valeur déjà constatée, le second une accélération des coûts encore à venir. Pour une DSI qui vient de boucler son budget 2026, ce signal invite à provisionner spécifiquement ces hausses plutôt que de les découvrir contrat par contrat.
| Indicateur | Valeur | Source |
|---|---|---|
| Hausse annuelle moyenne des budgets IT | 10 % par an | Cigref |
| Achats numériques européens vers les Etats-Unis | 83 % (264 milliards d'euros) | Asteres, Cigref, Numeum |
| Dépendance IT de Veolia aux solutions américaines | 87 % | Veolia |
| Dépendance IT de la Matmut aux solutions américaines | 50 % (20 % French Tech) | Matmut |
| Utilisateurs de la plateforme GenAI interne Veolia | 80 000 personnes | Veolia |
| Surcoût cloud prévisionnel 2026-2030 | 140 milliards d'euros par an | Cigref, Asterès (juin 2026) |
Quel choix selon votre profil face à la hausse des coûts de l'IA générative
Une pression budgétaire de 10 % par an ne se ressent pas de la même façon selon que vous négociez un contrat cloud à sept chiffres ou que vous choisissez votre abonnement IA personnel.
Professionnels en évolution ou reconversion. La bataille budgétaire autour de l'IA générative crée une vraie carte à jouer : les entreprises qui pilotent 10 % de hausse annuelle cherchent des profils capables de challenger un contrat fournisseur, pas seulement d'utiliser l'outil. Savoir lire une facture cloud devient un atout de reconversion aussi solide que savoir prompter.
Indépendants et experts. Chez vos clients ETI, le sujet coûts va remonter au Comex dans les prochains mois. Positionnez-vous en amont sur l'audit de dépendance plutôt que sur la seule mise en œuvre technique : un dirigeant qui vient de découvrir que 87 % de son IT part chez des fournisseurs américains a besoin d'un regard extérieur avant de trancher.
TPE et PME. Le cas de la Matmut, qui a réorienté 20 % de son budget IT vers la French Tech sans rupture opérationnelle, est un signal utile : la diversification ne demande pas de tout casser. Vérifiez simplement, dès la construction de votre stack IA, que vous n'empilez pas les mêmes dépendances qu'un grand groupe met des années à corriger.
ETI et grands groupes. Vous êtes le profil concerné en premier lieu par ces chiffres : une hausse de 10 % par an sur un budget IT déjà tendu par des hausses tarifaires à deux ou trois chiffres sur certains contrats logiciels. L'exemple Veolia, 87 % de dépenses américaines et 80 000 utilisateurs formés à l'IA interne, montre qu'attendre pour cartographier ses usages coûte cher. Le sujet doit remonter au Comex avant la prochaine négociation contractuelle, pas après.
Pièges à éviter face à la hausse des coûts de l'IA générative
Le premier piège est de subir les hausses tarifaires sans les anticiper : les hausses de deux à trois chiffres constatées en 2025 sur certains contrats éditeurs auraient pu être négociées ou anticipées avec un audit préalable des contrats en cours. Le deuxième piège est de confondre souveraineté numérique et exclusion totale des fournisseurs américains : le cas de la Matmut montre qu'une diversification progressive vers 20 % de solutions françaises est possible sans rupture opérationnelle. Le troisième piège est de laisser le sujet IA générative en dehors du radar du Comex : chez Veolia, le déploiement à 80 000 utilisateurs montre que l'échelle atteinte aujourd'hui exige un pilotage au plus haut niveau de l'entreprise.
Ce que Studeria retient de la pression budgétaire sur l'IA générative
La dépendance aux fournisseurs américains n'est pas une fatalité technique, c'est un ensemble de choix cumulés qui peuvent être corrigés progressivement, comme le montre la Matmut. Studeria recommande à toute ETI ou grand groupe de démarrer par un audit précis de ses usages IA et de son budget IT avant de subir la prochaine vague de hausses tarifaires. Le pilotage de ce sujet ne peut plus rester cantonné à la DSI, il doit remonter au niveau du Comex.
Pour aller plus loin sur la gouvernance et les coûts de l'IA en entreprise
Pour approfondir ces enjeux, consultez notre article sur la souveraineté IA vue depuis VivaTech 2026, notre article sur les dérapages des agents IA autonomes chez OpenAI et Anthropic, et notre parcours Audit IA pour cartographier précisément vos dépendances et vos coûts IT avant toute décision budgétaire.
FAQ : comprendre la pression budgétaire de l'IA générative sur les DSI
De combien les budgets IT des entreprises françaises augmentent-ils chaque année ?
Les budgets informatiques augmentent de 10 % par an en moyenne, selon Pascale Montrocher, vice-présidente du Cigref. Cette hausse est amplifiée par les augmentations tarifaires des éditeurs logiciels américains, qui ont atteint deux à trois chiffres en pourcentage sur certains contrats en 2025.
Quelle part des achats numériques européens va aux acteurs américains ?
83 % des achats numériques des entreprises européennes sont dirigés vers des acteurs américains, pour une dépense annuelle cumulée de 264 milliards d'euros, selon une étude conjointe d'Asteres, du Cigref et de Numeum.
Quel est le niveau de dépendance aux fournisseurs américains chez les grands groupes français ?
Il varie fortement : 87 % des dépenses IT chez Veolia sont orientées vers des solutions américaines, contre 50 % chez la Matmut, qui a réorienté 20 % de son budget IT vers la French Tech.
Pourquoi l'IA générative pèse-t-elle de plus en plus sur les budgets IT ?
Parce qu'elle ajoute des coûts de licences, des coûts d'API à l'usage et des coûts de formation qui n'existaient pas auparavant, et parce que son adoption se fait désormais à très grande échelle : 80 000 salariés utilisent la plateforme GenAI interne de Veolia.
Une entreprise peut-elle réduire sa dépendance aux fournisseurs américains d'IA ?
Oui, progressivement. Le cas de la Matmut, qui a réorienté 20 % de son budget IT vers des acteurs de la French Tech, montre qu'une diversification partielle est possible sans rupture opérationnelle brutale.
Qui doit piloter la stratégie IA face à cette pression budgétaire ?
Le sujet ne peut plus rester cantonné à la seule direction des systèmes d'information (DSI) : il doit remonter au niveau du comité de direction (Comex), car les montants en jeu et les enjeux de souveraineté ont une dimension stratégique pour l'entreprise entière.
Par où commencer pour reprendre le contrôle de son budget IA et IT ?
Par un audit précis des usages IA existants et de la répartition du budget IT entre fournisseurs, avant toute décision de négociation, de réduction ou de diversification. Agir sans cet audit préalable revient à décider à l'aveugle sur un poste de dépense en forte croissance.
FAQ article
De combien les budgets IT des entreprises françaises augmentent-ils chaque année ?
Quelle part des achats numériques européens va aux acteurs américains ?
Quel est le niveau de dépendance aux fournisseurs américains chez les grands groupes français ?
Pourquoi l'IA générative pèse-t-elle de plus en plus sur les budgets IT ?
Une entreprise peut-elle réduire sa dépendance aux fournisseurs américains d'IA ?
Qui doit piloter la stratégie IA face à cette pression budgétaire ?
Par où commencer pour reprendre le contrôle de son budget IA et IT ?
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